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Entorses métacarpo-phalangiennes : prise en charge et traitement

Les articulations métacarpo-phalangiennes sont cruciales pour la fonction de la main. Elles sont sollicitées lors de nombreuses activités quotidiennes, ce qui les rend sujettes à des blessures, en particulier des entorses. 

Dans les entorses graves du doigt, le ligament peut être partiellement ou complètement déchiré, ce qui nécessite souvent une intervention chirurgicale. Le traitement des entorses du doigt implique souvent du repos, le port d’une attelle ainsi que des séances de kinésithérapie

Comprendre l'Entorse Bénigne de l'Articulation Métacarpo-Phalangienne

L’entorse de l’articulation métacarpo-phalangienne est une blessure qui mérite notre attention. Elle se caractérise par une distension des ligaments responsables de la liaison entre les os des métacarpiens et les premières phalanges des doigts. Cette blessure, contrairement à une luxation, implique un déplacement momentané des surfaces articulaires avec un retour spontané à leur position d’origine.

Le mécanisme de cette entorse peut varier, allant d’un simple étirement des ligaments, également appelé “foulure,” à une rupture partielle (entorse de gravité moyenne) ou totale (entorse grave) de ces structures de stabilité qui relient les os dans une articulation.

Les entorses de l’articulation métacarpo-phalangienne surviennent souvent à la suite d’un traumatisme, généralement une torsion, qui pousse l’articulation au-delà de sa position normale de mouvement, provoquant ainsi une lésion douloureuse.

Les entorses de l’articulation métacarpo-phalangienne sont relativement rares et tendent à affecter principalement l’index et l’auriculaire, en raison de leur position. Elles sont plus fréquentes chez les enfants que chez les adultes. On peut distinguer différents types d’entorses, notamment les entorses latérales avec ou sans arrachement osseux.

Il est essentiel de prendre en compte ces aspects pour une évaluation et une prise en charge appropriées des patients présentant une entorse bénigne de l’articulation métacarpo-phalangienne.

Classification des entorses métacarpo-phalangiennes

Les spécialistes de la rééducation utilisent un système de classification pour évaluer la sévérité des entorses métacarpo-phalangiennes. Voici les trois niveaux de gravité :

  • Grade 1 : Cette entorse est considérée comme mineure. Le ligament concerné subit un étirement, sans rupture.
  • Grade 2 : C’est une entorse intermédiaire, où le ligament est partiellement rompu.
  • Grade 3 : Cette entorse est la plus sévère. Le ligament est entièrement rompu, parfois détaché de son ancrage osseux. Un traitement médical, voire chirurgical, est souvent requis.

Manifestations cliniques

Les signes cliniques varient selon la sévérité de l’entorse et se classent également en trois catégories :

Grade 1 (léger) :

  • Douleur ou sensibilité à la base du doigt.
  • Gonflement léger au niveau du doigt ou de sa base.
  • Possibles ecchymoses près de la base du doigt.

Il est à noter que certaines personnes atteintes d’une entorse légère peuvent ne pas ressentir de douleur immédiate.

Grade 2 (modéré) :

  • Limitation fonctionnelle et réduction de l’amplitude des mouvements du doigt.
  • Douleur et sensibilité accentuées autour de la base du doigt.
  • Gonflement notable au niveau du doigt ou de sa base.
  • Ecchymoses visibles à la base du doigt.

Grade 3 (sévère) :

  • Douleur intense et sensibilité marquée à la base du doigt.
  • Instabilité ou relâchement de l’articulation du doigt.
  • Difficultés à saisir ou tenir des objets entre deux doigts.
  • Présence d’une protubérance au niveau du doigt, notamment si le ligament collatéral ulnaire est totalement rompu quand le pouce est touché. Cette rupture peut créer une saillie palpable sous la peau.
  • Gonflement prononcé du doigt ou de sa base.
  • Ecchymoses étendues à la base du doigt.

Comment diagnostiquer une entorse métacarpo-phalangienne ?

Après une évaluation clinique initiale, où le praticien examinera la stabilité et la sensibilité du doigt, il peut être nécessaire de recourir à des méthodes d’imagerie pour confirmer le diagnostic ou pour évaluer la sévérité de l’atteinte. Voici quelques-unes des méthodes d’imagerie souvent recommandées pour une entorse du doigt :

  1. Radiographies :

Ce test utilise des rayons pour produire des images précises des os. Elles permettent de s’assurer que le gonflement et la douleur ne résultent pas d’une fracture. Les radiographies peuvent également révéler une fracture par avulsion, où le ligament, lorsqu’il se déchire, emporte un fragment osseux.

  1. Radiographie sous tension :

Pendant cet examen, une force sera appliquée sur le doigt endommagé lors de la prise de l’image pour évaluer la stabilité de l’articulation. Si cela engendre une douleur, une anesthésie locale peut être administrée.

  1. Imagerie par Résonance Magnétique (IRM) :

L’IRM offre des images détaillées de l’intérieur du corps sans avoir recours aux radiations. Elle permet d’obtenir des informations à la fois sur les os et les tissus mous, offrant ainsi une vision claire des entorses ou des élongations. Les données issues de l’IRM peuvent orienter le traitement, en particulier si une intervention chirurgicale est envisagée.

  1. Échographie musculo-squelettique :

Cette méthode utilise des ondes sonores pour produire des images des structures internes. Elle est efficace pour visualiser les tissus mous autour des articulations, permettant de déceler des déchirures, des inflammations ou des accumulations de liquide. En cas d’entorse du doigt, elle offre un aperçu approfondi de la gravité de la lésion et guide ainsi le choix thérapeutique.

Quel traitement pour une entorse métacarpo-phalangienne ?

Rééducation non chirurgicale

Lorsqu’une entorse métacarpo-phalangienne ne provoque qu’une déchirure partielle des ligaments, une intervention chirurgicale n’est généralement pas nécessaire. À la place, un traitement non chirurgical implique l’immobilisation du pouce à l’aide d’un plâtre spécial appelé “plâtre spica.” Une fois que le plâtre est retiré, les patients peuvent entamer des séances de kinésithérapie pour faciliter leur rétablissement.

Chaque patient est unique, et la durée de récupération peut varier, mais généralement, après deux à quatre semaines de rééducation, on observe une amélioration significative du mouvement et de la force du pouce. Cette progression permet aux patients de reprendre leurs activités quotidiennes en toute confiance.

Rééducation post-chirurgicale

Dans le cas d’une intervention chirurgicale, le processus est généralement le suivant : 

  • Plâtre spica : Suite à la chirurgie, un plâtre spica sera réalisé et devra être porté pendant environ quatre semaines. Certains chirurgiens choisiront de retirer le plâtre spica après cette période et de le remplacer par une attelle d’immobilisation, qui sera portée pendant deux semaines supplémentaires.
  • Début de la rééducation : Une fois que le plâtre ou l’attelle est retiré, la patient pourra commencer des séances de kinésithérapie. Ce programme sera spécifiquement conçu pour aider le patient à regagner l’amplitude de mouvement et la force du doigt touché. 
  • Durée de la récupération : Il est important de noter que la durée de récupération peut varier d’un patient à l’autre. Cependant, dans la plupart des cas, les patients constatent des progrès significatifs environ trois mois après leur intervention chirurgicale. À ce stade, la plupart des patients sont en mesure de reprendre leurs activités quotidiennes.

Le chirurgien et le kinésithérapeute jouent un rôle essentiel tout au long de la guérison, guidant le patient vers une récupération réussie et une restauration de la fonctionnalité du doigt.